Histoire
Comme presque tous les chemins jacquaires, le trajet initial de ce Chemin Portugais passait par d’anciennes voies romaines qui ont survécu aux invasions des Wisigoths et des Suèves. On y trouve des vestiges près de Porto, où l’on marche sur plusieurs tronçons pavés qui correspondent à la chaussée numéro XVI de l’Itinéraire d’Antonin qui reliait Olissipo (l’actuelle Lisbonne) à Bracara Augusta (l’actuelle Braga) ; puis entre Ponte de Lima et Padrón, cet itinéraire parcourt la chaussée numéro XIX qui reliait Braga à Asturica Augusta (l’actuelle Astorga), en passant par Lucus Augusti (Lugo).
À partir du XIIe siècle, les pèlerinages vers Compostelle devinrent un phénomène de masse et le Portugal n’était pas étranger à ce fait. Tout au contraire : dans tout le pays, les églises dédiées au Saint se généralisèrent et il fut le Saint Patron du Portugal jusqu’au XIVe siècle, lorsqu’il fut remplacé par Saint Georges suite aux guerres continues contre la Castille et à l’alliance avec l’Angleterre, car il était incongru qu’un même saint puisse protéger des troupes confrontées d’une même bataille.
À partir du XVIIIe siècle, les pèlerinages jacquaires connurent un grand déclin qui s’accentua après la Révolution Française et le désamortissement espagnol du XIXe siècle. Malgré la crise de l’époque, le nord du Portugal préserva la tradition du culte à Saint-Jacques, qui ne connut le déclin qu’après les apparitions de Fatima en 1917 et la construction de son sanctuaire national, qui fut promu comme destination de pèlerinage dans le territoire portugais.
Les chemins portugais vers Saint-Jacques ont surtout accueilli des pèlerins du pays, mais également de nombreux pèlerins européens venus de différentes nations, la plupart d’importantes personnalités religieuses, des membres de la royauté, des nobles et des cavaliers qui, profitant de différentes visites aux cours d’Europe, allaient visiter le tombeau de Saint-Jacques. L’un de ces personnages célèbres fut la reine Isabelle de Portugal au XIVe siècle, dès lors surnommée « Rainha Santa » (la reine sainte).
La résurgence du Chemin Portugais à la fin du XXe siècle fut presque simultanée à celle du Chemin Français. Le succès de cette revitalisation fut tel que le Chemin Portugais devint le deuxième itinéraire le plus fréquenté du Chemin de Saint-Jacques, juste derrière le Chemin Français.


INFORMATIONS POUR LE PÈLERIN
Bien qu’il y ait certains tronçons un peu plus compliqués, c'est un parcours sans à peine de dénivelés, c’est pourquoi il est parfait pour ceux qui souhaitent faire une route peu exigeante et sans étapes de montagne. En plus de son doux relief, une bonne partie du chemin se fait sur du bitume ou sur des pistes de terre ; c'est donc un itinéraire très approprié pour les cyclistes.
La présence d’auberges au Portugal est moins complète qu’en Galice, notamment entre Lisbonne et Porto, mais les pèlerins peuvent s’héberger dans des casernes de pompiers bénévoles, dans des Auberges de Jeunesse ou dans des centres paroissiaux. Les prix des auberges sont pratiquement les mêmes qu’en Espagne.