Les Pasarelles Mademoiselle Agustini- Parc Fluvial de Pampelune

La passerelle de la rivière Arga, dans le Parc Fluvial de Pampelune, à la hauteur du club de natation porte le nom de Maidemoiselle Agustini, le nom artistique de Remigia Echarren Aranguren, une Pampelune née en 1853 à Navarrería, qui à la fin du XIXe siècle devint la plus célèbre des funambules marcheuse de son temps.

Bien qu'il y ait une rue à Txantrea qui porte son nom en reconnaissance d'une femme pionnière, le conseil municipal a voulu reconnaître Remigia Echarren dans un lieu aussi emblématique que les allées Arga à côté du moulin de Caparroso et avec la version artistique de Remigia comme Mademoiselle Agustini, la 'reine d'Arga'.

DÉCOUVREZ L'HISTOIRE DE REMIGIA ECHARREN

Les passerelles

Les passerelles furent construites pour faciliter les communications du quartier de la Magdalena de plus en plus populeux avec Villava et Burlada. Vers les années 50, elles se composaient de blocs de béton séparés les uns des autres, sur lesquels on plaçait des planches en bois pour permettre le passage.

Or, les planches étaient emportées par le courant lors des crues de la rivière, et les usagers traversaient la rivière en sautant d´un bloc à l´autre, comme l´a immortalisé le cinéaste Montxo Armendariz dans son film les Secrets du Cœur. En 2000, les passerelles furent remplacées par celles que nous connaissons actuellement, probablement plus sûres, mais avec moins de charme aussi.

Qui était Remigia Echarren, 'la reine d'Arga' ?

Unique de par son métier et sa personnalité remarquable, Remigia Echarren fut une de ces femmes qui traversa les époques, au-delà de celle qui l'a vu vivre. Remigia s'est alimentée presque toute sa vie du monde du spectacle et de la fantaisie, du cirque et de la magie. Elle s'est même inventé un surnom artistique pour rendre le monde encore plus fantaisiste: Mademoiselle Agostini.

On ignore encore la date de sa première représentation dans la ville qui l'a vu naître, mais c'est lors des fêtes de San Fermín de 1882 que "La Echarren" - telle qu'elle était connue - montra les muscles dans l'arène grâce un numéro de funambule, en traversant la place de bout en bout sur une corde.

Pío Baroja fut un des spectateurs qui put l'observer cette année-là, ébahi. Mais cette femme n'avait peur de rien. Parmi les activités proposées lors des fêtes de San Fermín de 1883, elle marqua les esprits avec la traversée de la rivière Arga, d'une hauteur de dix mètres face à la machine de Pinaquy. Une traversée effectuée, qui plus est, avec des petites corbeilles attachées aux pieds et les yeux bandés.

Le spectacle, gratuit, fut un véritable succès que le public émerveillé ne cessa de réclamer, année après année. Elle n'eut pas froid aux yeux non plus devant La Plaza del Castillo. La Mairie de l'époque fut généreuse et lui octroya la somme de 500 pesetas pour ses représentations.

Elle travailla intensément entre 1885 et 1892, année durant laquelle elle sera victime d'un accident à Ondárroa lorsqu'elle travaillait sur la corde avec une chaise à quinze mètres de hauteur. Elle subit plusieurs fractures qui marqueront la fin de sa vie professionnelle. Néanmoins, malgré ces accidents, elle se représenta à Pampelune en 1904.

Au terme de sa vie, elle termina dans la plus grande des misères, à l'instar des illustres personnages de l'histoire. Les billets de loterie qu'elle vendit dans la rue ne la sortirent pas de la pauvreté