Histoire de Pampelune

LA PAMPELUNE MÉDIÉVALE

À l’époque médiévale la ville se compose de trois bourgs différents, fortifiées et souvent en guerre entre eux. 

D’abord, les vestiges des anciens noyaux urbains d’origine vascon et romain ont formé la ville de la Navarrería. Ses habitants, qui sont navarrais, se consacrent essentiellement à des tâches agricoles. La langue commune est le basque, seule langue pré-indoeuropéenne qui est toujours vivante en Europe.

À l’impact du Chemin de Saint-Jacques, de nombreux citoyens francs commencent à arriver à Pampelune attirés par les avantages que les rois navarrais offrent dans le cadre d’une politique de repeuplement. C’est ainsi que naît le bourg de San Cernin ou San Saturnino. Ces nouveaux habitants sont pour la plupart des artisans et des commerçants, et leur langue commune est l’occitan.

En dernier lieu, des Navarrais venus d’autres villes, et des étrangers forment un troisième noyau urbain, celui de San Nicolás. Tout comme à Navarrería, ses habitants se consacrent aussi bien à l’agriculture qu’à différents métiers. Chacune de ces trois villes est entièrement fortifiée et séparée des autres par des fossés et des ravins. Leurs églises sont des bastions défensifs. En 1276, lors de la Guerre de Navarrería, les villes de San Nicolás et San Cernin allient leurs forces contre la Navarrería, qui est entièrement détruite. La paix définitive n’arrive que le 8 septembre 1423, lorsque le roi Charles III le Noble promulgue le Privilège de l’Union : les trois noyaux urbains n’en font plus qu’un « une seule université, une mairie et une communauté indivisible ». Sur le no man’s land, là où les trois villes confluent, on construit la Jurería, aujourd’hui Casa Consitorial (Hôtel de Ville).

 

LA CAPITALE APRÈS LA CONQUÊTE CASTILLANE

Au seuil du XVIe siècle, le Royaume de Navarre est convoité par les couronnes avoisinantes de Castille, d’Aragon et de France. En outre, un conflit interne commence à germer et finit par une guerre civile entre des lignages navarrais. Charles III le Noble avait crée le titre de Prince de Viana pour son petit-fils, le futur Charles IV, fils de Blanche de Navarre et de Jean II d’Aragon. Cependant, ce dernier empêche le prince de régner après la mort de sa mère. 

Suite à cette situation, deux camps se forment : les agramontois et les beaumontois. Jean II d’Aragon épouse en secondes noces Juana Enríquez, et de cette union nait Ferdinand le Catholique. Lorsque, des
années plus tard, Ferdinand s’allie avec la couronne anglaise en s’opposant à la française, les rois navarrais, eux, rejoignent le camp français. Dans ce contexte, en 1512, Ferdinand le Catholique, protégé par la bulle papale, envoie ses troupes avec le Duc d’Alba à leur tête. Les derniers rois navarrais, Jean d’Albret et Catherine de Foix quittent leurs territoires pour transférer la Cour à leurs domaines de l’autre côté des Pyrénées, et de là, essayer de reconquérir le royaume. Après plusieurs tentatives, la bataille décisive qui se livre au mois de juin 1521 à Noáin, se termine par la défaite des Navarrais. La situation stratégique de la ville par rapport à la France fait que l’on s’efforce de la fortifier convenablement, avec les remparts de l’époque de style Renaissance et la Citadelle.

 

LE  XVIII SIÈCLE

Le Siècle des Lumières représente l’âge d’or de la ville. Avec l’Illustration et l’apparition de concepts comme le bien-être des habitants, les citoyens bénéficient d’une série d’améliorations urbanistiques essentielles : les rues sont pavées, le système des égouts est modernisé et l’éclairage public fait son apparition à l’aide de lampes à huile. Cependant, le projet le plus important est celui de l’arrivée de l’eau à la ville à l’aide de l’aqueduc de Noáin, conçu par Ventura Rodríguez. À cette occasion, Paret y Alcázar, peintre de la Cour, crée ses fontaines emblématiques néo-classiques. En outre, ce siècle est témoin du départ d’un grand nombre de Navarrais, les uns vers la Cour de Madrid, les autres vers l’Amérique : les indianos (les indiens). Après avoir fait fortune, beaucoup d’entre eux rentrent à la ville et construisent de riches demeures de majorat, ainsi que des maisons nobles. 

 

LE XIX SIÈCLE : LA VILLE BOURGEOISE ET SON ÉLARGISSEMENT 

Le XIXe siècle se caractérise par ses guerres : la guerre de l’Indépendance (1808-1814), la guerre Royaliste (1822-1823) et les guerres Carlistes (1833-1840, 1872-1876). En 1841 la Navarre n’est plus un royaume : la Loi Paccionada la rabaisse à province. C’est également l’époque de la naissance de la bourgeoisie locale et d’une industrialisation naissante. En 1860 la voie ferrée arrive à Pampelune.
Le XIXe siècle a une grande importance dans la vie culturelle de Pampelune. La ville voit les succès mondiaux du violoniste Pablo Sarasate et du ténor du Roncal Julián Gayarre. Des institutions musicales indispensables voient le jour, comme l’Orfeón Pamplonés, la Pamplonesa ou la Orquesta Santa Cecilia, la plus ancienne de l’État.


Au cours de ce siècle la ville connaît un grand essor démographique, qui se heurte inexorablement à son caractère fortifié. L’entassement des habitants fait de Pampelune une ville insalubre. En 1888, pour la construction du pressant Primer Ensanche (Premier Élargissement) de la ville, il faut démolir les deux bastions intérieurs de la Citadelle. Ce petit quartier de 6 pâtés de maisons, résout à peine le problème de logement, mais il nous laisse ses remarquables édifices modernistes. Ce n’est qu’en 1915, que l’on accorde la démolition du Frente de Tejería, qui permet enfin la construction du Segundo Ensanche (Deuxième Élargissement) et l’expansion de la ville vers le sud. Les Jardins de la Taconera et le Parc de la Media Luna deviennent les lieux de loisir de prédilection des habitants de Pampelune. 

 

LA VILLE AUJOURD'HUI

Pampelune et son bassin se sont développés petit à petit pour devenir la ville que nous connaissons aujourd’hui, avec une population de 203.000 habitants, 350.000 dans son aire métropolitaine; une ville tournée vers
le futur à proximité de l’importante ceinture industrielle et de services qui l’entoure. La Universidad de Navarra est fondée dans les années 50 et la Universidad Pública de Navarra dans les années 80 Ses services médicaux et hospitaliers sont également une référence : le Complejo Hospitalario de Navarra appartenant au service Navarrais de Santé - Osasunbidea -, ainsi que la Clínica Universidad de Navarra et le Centro de Investigación Médica Aplicada (CIMA). Pampelune possède une industrie de haut niveau qui tourne essentiellement autour de l’automobile, de l’industrie pharmaceutique et des énergies renouvelables.