Patrimoine

L’importance du patrimoine monumental de Pampelune est telle qu’on pourrait s’y attendre dans une ville qui fut la capitale d’un royaume. La cathédrale et les églises fortifiées s’érigent imposantes comme une réminiscence de son passé médiéval, alors que les remparts et la Citadelle, de la Renaissance, sont les témoins de la relevance de Pampelune en tant que place forte à partir du XVIº siècle. L’empreinte du Chemin de Compostelle est évidente dans la configuration de la ville et elle est désormais plus vivante que jamais. Dans chaque recoin on ressent l’émotion qui emplit les rues tous les 6 juillet, avec le début des Fêtes de San Fermín. Pampelune c’est tout cela, et beaucoup plus.

 

Églises

Cathédrale Sainte-Marie : Bâtie pendant les XIVº et XVº siècles à l’emplacement d’un temple roman. Sa façade néoclassique (chef-d’œuvre de Ventura Rodríguez) masque un magnifique temple gothique dont la nef centrale mesure 26,8 mètres de hauteur. Dans cette construction très sobre, la lumière pénètre à travers des fenêtres ogivales ornées de vitraux du XVIº siècle et d’autres plus modernes. La figure de Sainte-Marie, qui préside le temple, est une taille romane revêtue d’argent. La nef centrale accueille le sépulcre de Carlos III el Noble (Charles III le Noble) et de son épouse Léonor de Trastámara (Éléonore de Castille), superbe exemple de sculpture gothique du XVº siècle. Le retable de Saint Thomas ou de Caparroso est particulièrement intéressant et précieux. Chef-d’œuvre universel de l’art gothique, le cloître est le joyau de la cathédrale. Ses arcs tribolés, meneaux, voûtes et portes sont ornés de groupes sculptés très variés et d’un grand raffinement. La cuisine des chanoines, de style gothique, et le réfectoire, de style gothique anglais, où est installée la précieuse collection d’art sacré Occidens, complètent les dépendances de la cathédrale.

Église de San Saturnino ou San Cernin : L’église de San Saturnino (Saint Saturnin) ou de San Cernin (Saint Sernin) fut autrefois le centre religieux de l’ancien bourg et elle remplissait une importante fonction militaire et défensive pour les habitants de la zone. Le temple est un robuste bâtiment gothique des XIIIº et XVº siècles, avec un atrium entouré de portiques. Il dispose de deux tours à caractère défensif, dont l’une est couronnée d’une girouette en forme de coq. Face à l’atrium se trouve le petit puits dans lequel, selon la légende, l’évêque Saturnin, patron de Pampelune, aurait baptisé les premiers chrétiens de la ville, dont Saint Firmin.

Église de San Nicolás : L’église de San Nicolás (Saint Nicolas) fut autrefois le centre religieux du bourg médiéval du même nom et elle remplissait une importante fonction militaire et défensive pour les habitants de la zone. Église-forteresse romane et de transition gothique, elle date du XIIº siècle. À l’intérieur, la voûte et l’abside sont gothiques. Restaurée en 1924, elle abrite un grand orgue baroque de 1769, le meilleur de la ville. Elle est entourée de portiques construits en 1888.

Église de San Lorenzo : Cette église a une grande valeur sentimentale car elle abrite la chapelle de Saint Firmin. La façade actuelle, qui date de 1901, fut conçue par Florencio Ansoleaga et remplace l’ancienne façade baroque. L’intérieur est construit selon un plan en croix grecque inscrite dans un carré. À remarquer le jeu géométrique de ses coupoles et sa lanterne qui couronne la partie supérieure. 

Église de Santo Domingo : L’église, du XVIº siècle, présente une façade baroque du XVIIIº siècle. L’intérieur abrite de très beaux retables baroques et de la Renaissance, des peintures remarquables et un magnifique orgue du XVIIº siècle.

Église San Agustín : L’église actuelle fut bâtie au XVIº siècle. 

Basilique Agustinas Recoletas : Cette basilique, bel exemple de l’architecture de cour, fut construite en 1624.

Basilique San Fermín de Aldapa : Bien que cette basilique existe depuis l’époque médiévale, sa structure actuelle date de 1701. 

Palais

Palais Épiscopal : Situé sur la place Santa María la Real, il fut construit au XVIIIº siècle pour loger les évêques de Pampelune. C’est l’un des meilleurs exemples du style baroque de la ville. Une galerie d’arcades couronne les murs en briques apparentes qui reposent sur un socle en pierre de taille. De nos jours, il héberge le siège administratif de toute l’activité épiscopale, les archives diocésaines et le logement de l’archevêque.

Palais Royal et Archives Générales de la Navarre : Dans la rue 2 de mayo, dans une enceinte privilégiée de la Navarrería, se dresse l’ancien Palais des Rois de la Navarre, de San Pedro, du Vice-Roi ou de la Capitainerie, dont les origines remontent au XIIº siècle. Ce fut vers 1190 que le Roi Sancho VI el Sabio (Sanche VI dit le Sage), ordonna la construction de ce palais. Le réaménagement du bâtiment en tant que siège des Archives Royales et Générales de la Navarre fut réalisé en 2003 par Rafael Moneo.

Palais du Condestable et Musée Sarasate : Construite entre 1550 et 1560 par Luis de Beaumont, IVº Comte de Lerín et Connétable de Navarre, cette maison-palais est un bel exemple de l’architecture seigneuriale urbaine de Pampelune. Siège de l’archevêché pendant 150 ans, à partir de 1752 et pendant huit ans le palais fut le siège provisoire de l’hôtel de ville. Déclaré Bien d’Intérêt Culturel en 1997, et actuellement propriété de la Municipalité de Pampelune, le palais a ouvert ses portes au public en 2008, après sa rénovation. Au premier étage, on peut visiter le musée Sarasate, qui contient divers objets liés à la vie et à l’œuvre du célèbre violoniste Pablo Sarasate. Parmi les œuvres les plus significatives du musée en ressortent un portrait du musicien, peint en 1894 par José Llaneces, son buste en bronze signé Benlliure, ainsi que des violons et un piano employés par le musicien navarrais.

Palais de Navarre : Édifié au milieu du XIXº siècle, c’est le siège de la Présidence du Gouvernement et d’un bon nombre de services administratifs.

Palais des Congrès et Auditorium de Navarre Baluarte : Au cœur de Pampelune, ce bâtiment, revêtu de granit gris foncé, est devenu une référence incontournable de la Navarre pour ce qui est des congrès et de l’activité culturelle. 

Palais Ezpeleta : Il s’agit de la meilleure manifestation de l’architecture seigneuriale baroque de la ville, avec ses pilastres et son linteau blasonné de ses armoiries. 

Palais Goyeneche : Sa conception cubique à trois façades en font toute une exception de l’architecture civile baroque, qui date du XVIIIº siècle.

Palais des Comtes de Guenduláin : Construction aux traits durs et sévères, qui date du XVIIIº siècle. Situé sur la place du Consejo, c’est un petit espace formé de façades baroques et de la fontaine de Neptune.

Palais Navarro-Tafalla : Il date de la seconde moitié du XVIIIº siècle et c’est un bon exemple de l’architecture seigneuriale baroque. Son imposant avant-toit est particulièrement remarquable.

Palais Redín y Cruzat : Construction de la Renaissance qui fit l’objet d’une rénovation au XVIIº siècle, ce qui introduit la présence de quelques éléments baroques. Elle a conservé son blason.

Palais Marqués de Rozalejo : La façade, de style baroque, est réalisée en pierre noble et s’organise en trois niveaux. 

Remparts et Fortifications

Nouveau Portl : Cette percée de l’enceinte fortifiée fut réalisée à partir de 1571 sur ordre de Felipe II (Philipe II d’Espagne) et fut reconstruite en 1950 par Víctor Eusa. L’une des deux tours jumelles qui entourent l’arc du portail est frappée du blason impérial de Charles-Quint.

Citadelle : Enceinte fortifiée construite entre 1571 et 1645, sur ordre de Felipe II (Philipe II d’Espagne), inspirée du modèle de la Citadelle d’Anvers : un pentagone régulier avec un bastion à chaque angle. Elle est considérée comme étant le meilleur exemple de l’architecture militaire de la Renaissance espagnole. Sa sobriété caractéristique est perceptible même sur le portail principal où une inscription commémore le début des travaux. Assiégée en 1808 par les troupes françaises, plusieurs de ses bastions seront rasés en 1888 afin de démarrer la construction de la nouvelle ville. Grand poumon vert de la ville, ses fossés, bastions et pavillons sont désormais le scénario d’activités de loisir et sportives, ainsi que d’expositions et d’autres événements culturels.

Portail de France : Il s’agit de la seule des six portes originales des remparts qui demeure à sa place et avec le même aspect qu’elle avait lorsqu’elle fut construite, en 1553. Au XVIIIº siècle on y ajouta une seconde porte qui garde toujours son pont-levis et son système de chaînes.

Fortin San Bartolomé : Construit au XVIIIº siècle, voici certainement le meilleur point de départ d’une promenade sur les remparts. Il héberge le Centre d’Interprétation des Fortifications. 

Musées

Musée de Navarre : Installé dans l’ancien Hôpital de Nuestra Señora de la Misericordia, façade qu’il conserve toujours, voici le plus prestigieux musée de Pampelune. Il contient diverses collections archéologiques et artistiques liées à l’histoire de la Navarre. Il faut souligner les chapiteaux romans du cloître de la cathédrale romane de Pampelune ou le coffret de Leyre, exceptionnel exemple en ivoire de l’art hispano-musulman, provenant du monastère de Leyre. On y trouve également d’impressionnantes mosaïques de l’époque romaine et, quant à la peinture, ne manquez pas de visiter le chef-d’œuvre du musée, un portrait du Marquis de San Adrián, signé Goya.

Musée de l’Université de Navarre : Musée conçu par Rafael Moneo qui contient une collection d’art contemporain, léguée par María Josefa Huarte, ainsi qu’une collection photographique avec des œuvres de José Ortiz Echagüe, de Pere Català Pic ou de Robert Capa, entre autres. 

Fondation Miguel Echauri : Une riche et sélecte collection des toiles du peintre navarrais Miguel Echauri (Pampelune, 1927), dans un bâtiment seigneurial du XVIIº siècle, accompagnée de nombreuses œuvres d’art et d’éléments ornementaux, est présentée lors de visites guidées d’une heure. 

Monuments

Monument à l’Encierro : Œuvre du sculpteur Rafael Huerta qui fige un instant de la course, juste devant les taureaux.

Monument aux Fueros : Monument érigé par souscription populaire pour commémorer la défense du régime foral navarrais. Œuvre de l’architecte Manuel Martínez de Ubago, ses travaux s’achevèrent en 1903. Les cinq merindades (ou bailliages) du Royaume de Navarre – Pampelune, Tudela, Estella, Olite et Sangüesa – ornent chacune des cinq faces du monument. Sous les grands blasons, et sur tout le périmètre du monument, se trouvent 20 blasons héraldiques de villes, bourgs et villages de la Navarre ainsi que cinq plaques avec des inscriptions faisant allusion aux Fueros (ou fors). Aux angles sont disposées cinq figures allégoriques en marbre qui représentent la Justice, l’Histoire, l’Autonomie, la Paix et le Travail. Le monument est parachevé par une figure féminine en bronze, allégorie de la Navarre. De sa main droite, elle tient les chaînes du blason du royaume et, de sa main gauche, un parchemin avec l’inscription Ley Foral (Loi Forale).  

Autres lieux d’intérêt

Fronton Labrit : Fronton couvert pour la pratique d’un des sports les plus populaires de la Navarre : la pelote basque. 

Hôtel de Ville : Son emplacement fut déterminé à la confluence des trois bourgs (Navarrería, San Saturnino y San Nicolás), unifiés en 1423 lorsque Charles III le Noble promulgua le Privilège de l’Union. Sa façade est un mélange de Baroque tardif et de style néoclassique (du XVIIIº siècle), bien que le reste du bâtiment date du XXº siècle. Depuis le balcon principal est donné le coup d’envoi des Fêtes de San Fermín ainsi que l’annonce de leur fin avec le célèbre Pobre de Mí.

Chambre des Comptes : Située dans la rue Ansoleaga, ce fut tout d’abord un palais avant de devenir le siège de la Cour des Comptes du Royaume entre 1524 et 1836. Même si elle disparut en 1836, elle fut rétablie en 1980 comme organe autonomique de contrôle des comptes publics. Ce bâtiment médiéval du XIIIº siècle est considéré l’unique exemple civil de style gothique de Pampelune. L’extérieur est mis en valeur par l’arc brisé de l’entrée principale, ainsi que par les minuscules fenêtres en ogive et par le blason des armoiries royales d’Espagne, apposé au milieu du XVIIIº siècle. L’intérieur du bâtiment garde des pièces de monnaie des différents règnes de la Navarre, ainsi que des documents financiers signés par les rois. Un petit passage couvert par une voûte en berceau brisé débouche sur un joli jardin entourant un puits.       

Place du Castillo : Elle peut être considérée comme le cœur de la ville, son centre névralgique. Haut lieu de toute l’histoire de Pampelune, son nom provient du château qui se trouvait jadis sur la rue Bajada de Javier. À partir de 1405 elle a accueilli les cérémonies et les joutes organisées pour fêter les éphémérides des rois ou des saints patrons de la ville. De plus, de 1385 à 1844 (année de la construction des premières arènes fixes), les corridas se déroulaient ici. 

Arènes : Visitez toutes les dépendances des Arènes et découvrez la vie des taureaux, l’Encierro et les corridas grâce à des enregistrements, des maquettes et des panneaux d’information. 

Parlement : Connu également comme l’ancienne Audience ou l’ancien Palais de Justice, il fut construit en 1892 comme fin urbanistique du paseo Sarasate, face au Palais de Navarre. Siège de toute l’activité judiciaire supérieure en Navarre depuis la fin du XIXº siècle, il est désormais le siège du Parlement de la Navarre.

Séminaire San Juan et Archives Municipales : Ce bâtiment présente un soubassement en pierre de taille. La façade, véritable concentré d’ornementation baroque typique de l’époque, affiche une statue de Saint Jean, patron du séminaire.