Chemin de Saint-Jacques

CENTRE D’INTERPRÉTATION ULTREIA

Ultreia est conçu comme un centre avec accessibilité universelle, adapté à tous les publics. À travers les contenus du centre on met en valeur la période historique du Moyen Âge dans le contexte du Chemin de Compostelle en général et de la Navarre en particulier.

Comme fil conducteur, en particulier dans l’enceinte nº5, on retrouve le troubadour Arnaut Guillén de Ursúa, connu aussi comme l’aveugle de la citole et de la vièle d’archet. Il s’agit d’un troubadour qui servit le roi Charles III le Noble entre 1412 y 1421. Il est chargé de conter comment était la vie d’un pèlerin médiéval lors de son passage par la zone des Pyrénées, de Pampelune et du reste des étapes de la Navarre. En outre, la figure de Charles III le Noble est citée à de nombreuses reprises étant donné que le propre roi, du temps de son enfance, fit le pèlerinage sur le Chemin de Compostelle.

C’est pour cela que les contenus du centre se situent dans le contexte de l’époque médiévale et focalisent le règne de Charles III le Noble, unificateur de Pampelune. Pour ce faire, on a étudié les métiers de l’époque, les vêtements, la cuisine et la gastronomie, la structure de l’Hôtel du Roi et les personnages qui composaient sa cour, la société de cette époque et son organisation, la médecine et la pharmacopée, la musique et ses liens avec le Chemin de Compostelle, la fonction des troubadours, ainsi que les multiples voies médiévales du Chemin de Compostelle.

HISTOIRE

L’origine du Chemin de Compostelle se situe au Moyen Âge, lorsque les premiers pèlerins commencèrent à se déplacer jusqu’en Galice dans le but d’arriver au tombeau attribué à l’Apôtre Saint-Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dès le XIº siècle ce pèlerinage devint un des plus fréquentés de toute l’Europe, même s’il n’obtint la reconnaissance officielle du Pape Alexandre VI qu’au XVIº siècle.

Tout autour du Chemin de Compostelle se développa une infrastructure destinée à satisfaire les besoins des pèlerins, qui englobe des auberges, des hôpitaux et des églises de grande valeur patrimoniale, de style fondamentalement roman et gothique. De même, le Chemin devint une grande route commerciale qui permit le développement économique des régions qu’il traversait et qui favorisa également les échanges culturels.

Malgré la perte de popularité du Chemin pendant les siècles suivants, la deuxième moitié du XXº siècle redonna de l’intérêt au pèlerinage, qui se trouve aujourd’hui au sommet de son apogée. On estime que chaque année plus de 200 000 pèlerins arpentent le Chemin de Compostelle, poussés par la spiritualité, le sport, la culture ou le tourisme.

Le Chemin de Compostelle n’est pas une route unique, mais il est composé de plusieurs itinéraires, comme le Chemin Français, le Primitif, le Côtier, le Chemin de l’intérieur du Pays Basque-La Rioja ou bien celui de Liébana, entre autres. Tous ont été reconnus par différentes institutions et organismes. Ainsi, le Chemin Français, celui qui passe par Pampelune, a été déclaré Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, Itinéraire Culturel Européen par le Conseil de l’Europe, et a reçu le Prix de la Concorde par la Fondation Prince des Asturies.

ROUTE DU CHEMIN

Le Chemin de Compostelle rentre dans Pampelune depuis la localité de Burlada par les rives de la rivière Arga, parmi les plaines maraîchères et les jardins. Pour atteindre la ville, les pèlerins doivent traverser le pont de la Magdalena, une construction du XIIº siècle déclarée Bien d’Intérêt Culturel et Monument Historique Artistique. L’accès à la Vieille Ville se fait à travers l’enceinte fortifiée de Pampelune, de style de la Renaissance, une des entrées les plus majestueuses de tout le Chemin.

Une fois franchi le seuil des remparts par la Porte de France, avec son pont-levis du XVIIIº siècle, la Vieille Ville donne au pèlerin une bienvenue calme et accueillante. Le Chemin de Compostelle monte par la rue del Carmen, qui traverse la place de Navarrería, d’où il est possible d’admirer les tours de la Cathédrale Sainte-Marie. Il s’agit d’un temple à façade néoclassique dont l’intérieur abrite, parmi d’autres trésors, le mausolée du roi navarrais Charles III, un impressionnant cloître gothique et l’exposition Occidens, une exposition primée sur l’art sacré.

Le Chemin de Compostelle continue ensuite par la joyeuse rue Mercaderes jusqu’à la place Consistorial, présidée par l’Hôtel de Ville de Pampelune, où il est indispensable de s’arrêter contempler sa magnifique façade baroque et son balcon fleuri, depuis lequel on lance le Chupinazo, coup d’envoi qui marque le départ des fêtes de San Fermín tous les 6 juillet.

Les pèlerins doivent alors poursuivre leur marche sur la Calle Mayor, ancienne voie principale de la ville en raison justement de l’influence du passage du Chemin de Compostelle. Des deux côtés de la rue on retrouve différents palais baroques et de la Renaissance, parmi lesquels ressortent le palais du Condestable, édifice du XVIº siècle déclaré Bien d’Intérêt Culturel qui abrite le musée dédié au violoniste Pablo Sarasate, et le palais d’Ezpeleta, qui représente la meilleure manifestation de l’architecture seigneuriale baroque de Pampelune. Aux deux bouts de la rue se trouvent deux importantes églises : celle de San Cernin ou Saint Saturnin, temple médiéval érigé en l’honneur du patron de la ville, et celle de San Lorenzo, dont l’intérieur abrite la chapelle de Saint Firmin.

Finalement, le Chemin de Compostelle abandonne la Vieille Ville laissant de côté les magnifiques jardins de la Taconera, qui datent de 1888, pour traverser la Vuelta del Castillo, immense parc qui contourne la Citadelle, fortification en forme pentagonale dont la construction remonte aux XVIº-XVIIº siècles. Ensuite, le Chemin franchit le quartier d’Iturrama et sort de la ville à travers les jardins du Campus de l’Université de Navarre, réputés pour leur beauté et leur biodiversité.

SERVICES

Grâce justement à sa condition de première ville du Chemin de Compostelle, Pampelune se distingue par la variété et la quantité des services offerts au pèlerin. Il est possible de prendre des autobus en direction de Roncevaux ou de Saint-Jean-Pied-de-Port, ou vers d’autres localités situées sur le chemin de Saint-Jacques. Grâce à ses connexions, il s’agit également d’un excellent point de départ pour entreprendre le pèlerinage.

La ville dispose de deux auberges municipales et six autres touristiques à disposition des pèlerins, ainsi que d’hôtels, hôtels à bas prix ou pensions de catégories différentes répartis sur l’ensemble de l’itinéraire du Chemin de Compostelle. Tout le long de cet itinéraire, on trouve également des bars et des restaurants qui offrent des menus spéciaux aux pèlerins.

Il existe aussi une multitude d’entreprises qui basent leur activité sur le Chemin de Compostelle, comme des commerces de vêtements et de matériel sportif, des centres de massage et de kinésithérapie, des agences pour le transport des bagages ou des ateliers de réparation et de vente de vélos. 

L’Office de Tourisme de Pampelune (rue San Saturnino, 2) et le Point d’Information Touristique (rue Arrieta, s/n), fournissent tous les renseignements nécessaires pour planifier le voyage ou bien pour profiter au maximum du séjour en ville.

CREDENCIAL

Si vous souhaiter vous engager dans le Chemin de Compostelle, vous aurez besoin d’obtenir votre « Credencial ». Il s’agit d’un document personnel qui atteste votre condition de pèlerin et qui vous sera demandé dans de nombreuses auberges pour pouvoir y passer la nuit, ou dans d’autre type d’établissements pour pouvoir bénéficier de certains avantages. De plus, sur ce carnet du pèlerin, vous devrez faire apposer les différents tampons que vous obtiendrez au fur et à mesure de votre parcours. N’oubliez pas que, afin de vous faire délivrer l’attestation de la « Compostela », il est impératif d’obtenir au moins un tampon par jour – deux dans le tronçon galicien si vous le parcourez à pied, ou lors des 200 derniers kilomètres si vous circulez à vélo. 

À Pampelune il est possible d’obtenir votre Credencial à l’auberge municipale Jesús y María (située au nº4 de la rue Compañía) ou bien à l’Archevêché (place de Santa María la Real, nº1) ; son prix est de 2 euros.

CONSEILS

Avant de s’engager dans le Chemin de Compostelle, il est indispensable de bien se renseigner et de considérer certains aspects. Prenez en compte les conseils suivants :

  • Choisissez votre itinéraire. Le Chemin Français commence à Saint-Jean-Pied-de-Port mais beaucoup de pèlerins débutent leur marche à Roncevaux, première localité navarraise par laquelle passe le Chemin. Vous pourrez y arriver depuis Pampelune grâce à la compagnie d’autobus Artieda.
  • Planifiez votre itinéraire. Distribuez par étapes la distance que vous souhaitez parcourir. Normalement on marche environ 25 kilomètres par jour, mais vous devrez ajuster cette quantité à vos possibilités. 
  • Entrainez-vous. Habituez votre corps à marcher avant de commencer et, une fois que vous aurez débuté le Chemin, augmentez la distance de chaque étape de manière progressive. N’oubliez pas de vous reposer au bout d’un certain nombre d’étapes.
  • Évitez les heures les plus chaudes de la journée, en particulier si vous réalisez le pèlerinage en été. Il est important de se lever tôt afin d’éviter de marcher pendant les heures centrales de la journée, lorsque la chaleur est forte. Par ailleurs, si vous vous levez de bonne heure vous arriverez avant à votre destination et vous vous assurerez de trouver une place dans l’auberge correspondante.   
  • Suivez les balises. Le Chemin de Compostelle est balisé tous les quelques mètres à l’aide de flèches jaunes ou de coquilles de Saint-Jacques sur un fond bleu. Sur les tronçons qui empruntent la route, marchez sur le bas-côté gauche, face à la circulation. 
  • Nourrissez-vous et hydratez-vous adéquatement. Il est important de rétablir des liquides en buvant abondamment de l’eau et de manger des aliments riches en hydrates de carbone comme du pain, du riz, des pâtes, des fruits secs, des céréales ou des fruits. 
  • Évitez l’excès de bagages. Rappelez-vous que le poids du sac à dos ne doit jamais dépasser 10% du poids du pèlerin. Pour cela, évitez de transporter des objets inutiles et utilisez toujours des vêtements légers, anatomiques et respirants. Placez les objets les plus lourds en vertical et près du dos. Rangez les objets que vous utilisez fréquemment dans les poches faciles d’accès. 
  • N’oubliez-pas votre trousse de premiers soins. Au long du Chemin de Compostelle, il est probable que vous ayez besoin de réaliser de petites cures ou de prendre un médicament. Ayez toujours sur vous une trousse de premiers soins et n’oubliez pas d’y inclure de la crème solaire.